lundi 19 mars 2007

Acte 1, scène 2 : Revue des Estrangin

... suite.
(un enfant ouvre la porte) Maman, y avait un pauvre qui passait par la route. Il avait l'air si affamé qu'on lui a dit de s'arrêter ici pour prendre un peu de pain. Vous voulez bien ?
+ Bien sûr mon petit.
° Bonjour ma bonne dame. Vous auriez pas un bout de pain. Voyez, je suis parti au petit jour d'Avignon et depuis j'ai rien mangé.
+ Mais oui mon brave, entrez. Vous savez on est pas riche : c'est bien simple : on a pas un sous dans la maison. Mais un peu d'eau fraîche, un oignon et un bout de pain, ce sera bien volontiers.
° Té merci. Je vas les emporter pour ne pas vous déranger. Je les mangerai là-haut à la Bonne Mère d'Orgon quand j'y aurai fait un bout de prière sans vous oublier. Que le Bon Dieu vous rende beaucoup de pain et beaucoup des oignons pour tous les petits gars que vous avez.
+ Merci Grand-père. Que Dieu vous garde... Mais vous allez loin, comme ça ?
° Je comprends. Je vais jusqu'à Rome en passant par tous les pélerinages de la Sainte Vierge. Dans deux ou trois jours je serai à Notre Dame de la Garde à Marseille.
+ Et bien, vous i direz qu'elle garde un peu nos enfants et toute notre famille longtemps, parceque vous savez, i en ont un brave besoin, d'être gardés.
° Manquerai pas. Adieu mes braves amis (il sort).

Et bien mainteant j'espère que tu peux plus être découragé. Avec les prières d'un mendiant - que c'est comme J. Christ - et celles de la Bonne Mère de marseille, ils sont servis... pour au moins 500 ans...
- Oh Bonne Mère, le monde i aura craqué bien avant au train où vont les choses. Les Turcs nous auront tous massacrés ou réduits en esclavage comme i ont fait il y a dix ans à Constantinople.
+ Elle est guère longue ton espérance, tu sais... Que c'est comme si tu en avais pas... Et si au contraire à ce moment là ils avaient été chassés dans leur Asie par les prières de tous les bons Chrétiens et les bons coups d'épée de beaucoup de Chrétiens... Et si Marseille avait recommencé à faire un grand commerce et devenait une grande ville : ça ferait des places pour les petits.
- Et puis ?
+ Et puis, il faut espérer je te le dis. La Foi nous l'avons. La charité on essaye de la pratiquer. Et bien l'espérance nous avons pas le droit de la laisser en arrière. Dans les sermons Moussu lou Cura les met toutes les trois sur le même rang.
- Et bien, du ciel, on verra.
+ C'est ça, on verra.
- Mais j'aurai raison.
+ Nous verrons.

Suite à l'Acte II

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